La belle rencontre

Le contraire d'une rencontre fâcheuse
 
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 Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.

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jemrobe
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MessageSujet: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Mar 10 Fév 2009 - 16:22

Victor Hugo : « NAPOLÉON LE PETIT » (extraits).
Réédité chez Actes Sud (2007) par Jean-Marc Hovasse.

Aucun rapprochement possible avec la France d’aujourd’hui et Nicolas Sarkozy, bien sûr…


Citation :
Louis Bonaparte est un homme de moyenne taille, […] c’est un personnage vulgaire, puéril, théâtral et vain.
Certes, ce cerveau est trouble, ce cerveau a des lacunes, mais on peut y déchiffrer par endroits plusieurs pensées de suite et suffisamment enchaînées.
C’est un livre où il y a des pages arrachées. À tout moment quelque chose manque. Louis Bonaparte a une idée fixe, mais une idée fixe n’est pas l’idiotisme.
Il sait ce qu’il veut, et il y va. À travers la justice, à travers la loi, à travers la raison, à travers l’honnêteté, à travers l’humanité, soit, mais il y va.
Ce n’est pas un idiot. C’est tout simplement un homme d’un autre temps que le nôtre. Il semble absurde et fou parce qu’il est dépareillé.

Seulement il oublie ou il ignore qu’au temps où nous sommes, ses actions auront à traverser ces grands effluves de moralité humaine dégagés par nos trois siècles lettrés et par la Révolution française, et que, dans ce milieu, ses actions prendront leur vraie figure et apparaîtront ce qu’elles sont, hideuses.

M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez.
Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non-immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.

Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but.

Il recule quelquefois, non devant l’effet moral de ses actes, mais devant l’effet matériel.

Dans ses entreprises il a besoin d’aides et de collaborateurs ; il lui faut ce qu’il appelle lui-même "des hommes". Diogène les cherchait tenant une lanterne, lui il les cherche un billet de banque à la main. Il les trouve.
De certains côtés de la nature humaine produisent toute une espèce de personnages dont il est le centre naturel et qui se groupent nécessairement autour de lui selon cette mystérieuse loi de gravitation qui ne régit pas moins l’être moral que l’atome cosmique.

Aujourd’hui il en est environné, ces hommes lui font cour et cortège ; ils mêlent leur rayonnement au sien.
À de certaines époques de l’histoire, il y a des pléiades de grands hommes ; à d’autres époques, il y a des pléiades de chenapans.

M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte.

En attendant, depuis sept mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, pris des millions, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue ; il s’est épanoui dans sa laideur à une loge d’Opéra…

Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas….

Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît […] dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises.
Fausses clefs bien faites. Tout est là. …
Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.

Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier, […] on ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent. La ruse : nous avons caractérisé déjà ce grand côté de Louis Bonaparte, mais il est utile d’y insister.

Le 27 novembre 1848, il disait à ses concitoyens dans son manifeste : "Je me sens obligé de vous faire connaître mes sentiments et mes principes. Il ne faut pas qu’il y ait d’équivoque entre vous et moi. Je ne suis pas un ambitieux...
Élevé dans les pays libres, à l’école du malheur, je resterai toujours fidèle aux devoirs que m’imposeront vos suffrages et les volontés de l’Assemblée. Je mettrai mon honneur à laisser, au bout de quatre ans, à mon successeur, le pouvoir affermi, la liberté intacte, un progrès réel accompli."

Depuis trente-six ans il y avait en France toutes sortes de choses pernicieuses : cette "sonorité", la tribune ; ce vacarme, la presse ; cette insolence, la pensée ; cet abus criant, la liberté ; il est venu, lui, et à la place de la tribune il a mis le sénat ; à la place de la presse, la censure ; à la place de la pensée, l’ineptie ; à la place de la liberté, le sabre ; et de par le sabre, la censure, l’ineptie et le sénat, la France est sauvée ! Sauvée, bravo ! et de qui, je le répète ? d’elle-même ; car, qu’était-ce que la France, s’il vous plaît ? c’était une peuplade de pillards, de voleurs, de jacques, d’assassins et de démagogues.

Il a fallu la lier, cette forcenée, cette France, et c’est M. Bonaparte Louis qui lui a mis les poucettes.
Maintenant elle est au cachot, à la diète, au pain et à l’eau, punie, humiliée, garrotée, sous bonne garde ; soyez tranquilles, le sieur Bonaparte, gendarme à la résidence de l’Élysée, en répond à l’Europe ; il en fait son affaire ; cette misérable France a la camisole de force, et si elle bouge :... - Ah ! qu’est-ce que c’est que ce spectacle-là ? qu’est-ce que c’est que ce rêve-là ? qu’est-ce que c’est que ce cauchemar-là ? d’un côté une nation, la première des nations, et de l’autre un homme, le dernier des hommes, et voilà ce que cet homme fait à cette nation !

Quoi ! il la foule aux pieds, il lui rit au nez, il la raille, il la brave, il la nie, il l’insulte, il la bafoue ! Quoi ! il dit : il n’y a que moi ! Quoi ! dans ce pays de France où l’on ne pourrait pas souffleter un homme, on peut souffleter le peuple ! Ah ! quelle abominable honte !

Chaque fois que M. Bonaparte crache, il faut que tous les visages s’essuient !
Et cela pourrait durer ! et vous me dites que cela durera ! non ! non ! non ! par tout le sang que nous avons tous dans les veines, non ! cela ne durera pas !
Ah ! si cela durait, c’est qu’en effet il n’y aurait pas de Dieu dans le ciel, ou qu’il n’y aurait plus de France sur la terre ! [...]

il restera mesquin, […] il ne sera jamais que le tyran pygmée d’un grand peuple. […] un batteur de grosse caisse des Champs-Élysées…

L’acabit de l’individu se refuse de fond en comble à la grandeur, même dans l’infamie. Faire hausser les épaules au genre humain, ce sera sa destinée. […] Il sera hideux, et il restera ridicule. Voilà tout. L’histoire rit et foudroie. […] L’historien ne pourra que le mener à la postérité par l’oreille.

L’homme une fois déshabillé du succès, le piédestal ôté, la poussière tombée, le clinquant et l’oripeau et le grand sabre détachés, le pauvre petit squelette mis à nu et grelotant, peut-on s’imaginer rien de plus chétif et de plus piteux ?

L’histoire a ses tigres. […] Elle ne mêle pas avec eux les chacals.

Je ne sais quelle gangrène de prospérité matérielle menace de faire tomber l’honnêteté publique en pourriture.

Ma foi ! vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule de moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux !
On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte, et si l’on peut avoir une concession de chemins en France ou de terrains en Afrique, on demande une place.

C’est à qui fera ce trafic de soi-même le plus cyniquement, et parmi ces êtres il y a des jeunes gens qui ont l’œil pur et limpide et toute l’apparence de l’âge généreux, et il y a des vieillards qui n’ont qu’une peur, c’est que la place sollicitée ne leur arrive pas à temps et qu’ils ne parviennent pas à se déshonorer avant de mourir.
L’un se donnerait pour une préfecture, l’autre pour une recette, l’autre pour un consulat, l’autre veut un bureau de tabac, l’autre veut une ambassade.
Tous veulent de l’argent, ceux-ci moins, ceux-ci plus, car c’est au traitement qu’on songe, non à la fonction.
Chacun tend la main. Tous s’offrent. Un de ces jours, on établira un essayeur de consciences à la monnaie.

Les mots indépendance, affranchissement, progrès, orgueil populaire, fierté nationale, grandeur française, on ne peut plus les prononcer en France.
Chut ! ces mots-là font trop de bruit ; marchons sur la pointe du pied et parlons bas. Nous sommes dans la chambre d’un malade.

Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

- Qu’est-ce que c’est que cet homme ?

- C’est le chef, c’est le maître. Tout le monde lui obéit.

- Ah ! tout le monde le respecte alors ?

- Non, tout le monde le méprise.

- O situation ! Cet homme de ruse, cet homme de force, cet homme de mensonge, cet homme de succès, cet homme de malheur !

Oui, quelquefois, aux paroles superbes qui lui échappent, à le voir adresser d’incroyables appels à la postérité, à cette postérité qui frémira d’horreur et de colère devant lui, à l’entendre parler avec aplomb de sa "légitimité"et de sa "mission", on serait presque tenté de croire qu’il en est venu à se prendre lui-même en haute considération et que la tête lui a tourné au point qu’il ne s’aperçoit plus de ce qu’il est ni de ce qu’il fait.

Il croit à l’adhésion des prolétaires, il croit à la bonne volonté des rois, il croit à la fête des aigles, il croit aux harangues du conseil d’état, il croit aux bénédictions des évêques, il croit au serment qu’il s’est fait jurer…

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Mer 11 Fév 2009 - 10:07

La roue de l'histoire tombe parfois dans quelque ornière.

Même choc, mêmes éclaboussures, ou du moins semblables phénomènes renouvelés.

Le char de l'état ( en vérité un waggon qu'on peut peindre en rose ou en blanc ... sans qu'il ne quitte ses rails) poursuit son chemin .

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Ven 20 Fév 2009 - 21:06

Mais, heureusement, Victor Hugo n'avait pas la télé sinon il serait tombé sur le cul en visionnant cette petite vidéo des extraits des discours de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy lorsqu'ils parlent de la science et des scientifiques.
La petite vidéo qui vaut le détour, c'est ici

Pas de souci linguistique, tout est sous titré (quoique il ne soit pas toujours facile de comprendre la langue parlée par notre président).

Remarquez les commentaires du traducteur dans les sous titrages en anglais du discours de notre omniprésident, il avoue avoir fait ce qu'il pouvait, sans doute effaré par sa sémantique assez primaire.

Si, comme on dit, on a vraiment les représentants qu'on mérite je ne vais plus oser me regarder dans une glace. Very Happy

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Jeu 5 Mar 2009 - 10:54

Victor Hugo a écrit:
Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

Aujourd'hui ce n'est plus la liberté de la presse qui est en question, mais bien sa motivation. Elle critique à tout va, mais de manière unilatérale, car, bizarrement, personne ne la critique, elle.

- Si la presse est le regard sur ce à quoi le citoyen n'a pas accès, n'a-t-elle pas le devoir de rendre également des comptes ?

- La presse a-t-elle un devoir de neutralité ? L'information que vous recevez est-elle neutre ?

- La presse peut faire et défaire les carrières politiques et de réduire à néant les actions gouvernementales. D'où vous viennent les informations sur Sarkozy ? Êtes-vous certain de n'être pas désinformé ?

- Si gouvernement après gouvernement, les réformes politiques échouent, n'est-ce dû qu'à l'incompétence des politiciens ?

- Si la presse est un contre-pouvoir, n'est-ce pas un pouvoir ? Ceux qui la dirigent ne devraient-ils pas être élus ? Quel est le contre-pouvoir de la presse ?

- Si, suivant l'adage, les politiciens sont tous pourris, les journalistes sont-ils tous vertueux ?

- Quand une démocratie repose sur une critique systématiquement malveillante de la part de la presse, le débat a-t-il encore une finalité ou n'est-il plus que la recherche de la polémique pour l'amour de la polémique qui est plus vendeuse ?

J'ai un rejet épidermique de Sarkozy, mais je n'en sais que ce que m'en dit la presse. J'ai aussi un rejet épidermique de la presse politique, mais là mon regard est direct.

On ne devrait avoir d'avis que ce sur quoi on a personnellement accès.

jemrobe a écrit:
Si, comme on dit, on a vraiment les représentants qu'on mérite je ne vais plus oser me regarder dans une glace.

Question : A-t-on la presse que l'on mérite, et quand va-t-elle se regarder dans la glace ?

Autre question : Je devais mourir de la grippe aviaire, cette année. Où est-elle passée ? Info ou intox ?

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Jeu 5 Mar 2009 - 16:28

Il devrait y avoir une responsabilisation de la presse.

Ecrire ce qu'on veut oui, mais payer le prix du mensonge démontré

Par exemple, un journal condamné pour mensonge, désinformation, calomnie, devrait marquer en première page le nombre de ses condamnations et le motif, et cela tant qu'il existe. le moindre oubli devrait entrainer sa suppression.

Ainsi chacun saurait de quoi son journal ou ses revues, sont capables.

La presse en effet semble toute puissante et rares sont les émissions radios où des auditeurs peuvent la mettre en question tout en échappant aux filtres préalables.

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Ven 6 Mar 2009 - 15:07

Pour répondre à abuzin qui dévie sur les fariboles concoctées par la presse, il s'agissait sans doute d'une vidéo truquée où un clown grimé était venu faire son numéro en direct live devant les caméras pendant que le vrai président assistait à une conférence de l'unesco avec son épouse...

Il est vrai qu'on voit ce qu'on veut si on veut et on peut même ne pas regarder.

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Ven 6 Mar 2009 - 22:39

jemrobe a écrit:
Pour répondre à abuzin qui dévie sur les fariboles concoctées par la presse, il s'agissait sans doute d'une vidéo truquée où un clown grimé était venu faire son numéro en direct live devant les caméras pendant que le vrai président assistait à une conférence de l'unesco avec son épouse...

Il est vrai qu'on voit ce qu'on veut si on veut et on peut même ne pas regarder.

Cette vidéo, j'avais déjà tenté de la regarder, mais visiblement il y a un problème de synchronisation, et j'ai laissé tombé après 30 secondes.

Sarkozy, je l'ai dit, ce n'est pas ma tasse de thé. Pendant sa campagne électorale, je me demandais s'il était possible de jouer double-jeu à ce point-là.

Était-il possible d'être "libéral" et de vraiment jouer l'ouverture ? Il faut reconnaître que l'ouverture, il la pratiquée. À tel point que la gauche et les socialistes surtout, en sont restés la gueule ouverte, incapable même de respirer.

Qui a inspiré ça à Sarkozy ? Je crois que c'est la même personne qui inspirait Mitterand. C'est Jacques Attali. Je pense que ce type est 100 coudées au dessus du lot. Jacques Attali est un véritable visionnaire capable de transcender le "manichéisme" gauche/droite qui n'avait plus d'utilité dans un pays où une majorité de personnes vivaient dans la classe moyenne.

Aujourd'hui, il y a une frange "ouverte" chez les libéraux qui, à peu de chose près, dit la même chose que la frange "ouverte" chez les socialistes. Jacques Attali a compris que l'ouverture était désormais possible, parce que ces gens avaient les mêmes valeurs et appliquaient d'ailleurs les mêmes politiques lorsqu'ils étaient au pouvoir.

La lutte, ce n'est plus la gauche contre la droite, mais les institutions démocratiques contre les opportunistes des sociétés multinationales qui agissent comme des pirates sans foi ni loi. Sans cette compréhension de l'état actuel du monde, on ne comprend plus rien. C'est ce que Jacques Attali a compris, c'est ce qu'il a expliqué à Sarkozy, lui offrant ainsi la Présidence sur un plateau, puisque c'est ce à quoi aspirait ce dernier.

Sarkozy devait être le premier président d'une nouvelle ère, qui envoyait au cimetière des abrutis les démagogues politiques de l'ancienne, et dépassée, guerre de la gauche contre la droite. La question n'est plus de savoir s'il y a un moyen de gauche ou droite pour régler un problème, mais de le régler. Le pragmatisme au pouvoir.

Le vrai problème, ce sont les éternels oubliés de toutes les politiques. Ceux qui sont vraiment dans la merde. Pas ceux qui croient de temps en temps sentir son parfum. Pour régler ce problème, il faut des réformes à tous les niveaux, afin de relever le niveau global, et dégraisser le mammouth inefficace. Il y a riches et très riches, et il y a pauvres et beaucoup moins pauvres. Ce sont les extrêmes qui doivent disparaître.

Sarkozy, n'est pas important, mais c'est la politique inspirée par Jacques Attali qui l'est et qui nécessite une collaboration de tous. Alors, oui, je fustige cette presse imbécile qui ne fait que dans le taux d'audience et la tarte à la crème. La presse est devenu un frein à toute évolution de la société, parce que sa finalité est aussi adversaire de cette évolution. C'est un poids mort, impossible à porter pour n'importe quel gouvernement.

Comme dans les forums, si un politique dit "blanc", la presse rentrera dans un consensus pour dire "noir". Celui qui s'exprime doit être abattu, c'est devenu la seule règle. Ce n'est pas de la contradiction, c'est de la contradiction systématique, systémique même. La finalité du débat n'existe plus, on ne fait plus que dans la basse polémique. La vrai finalité, c'est que le débat doit échouer. La presse ne veut plus assumer que la charge. Hors comme c'est-elle qui assure la communication au peuple, le politique ne peut plus convaincre de la validité de ses choix.

Pendant ce temps-là, les véritables salauds qui dirigent le monde profitent de l'absence de lois pour les contraindre. On voit comment les multinationales "sèchent" le monde de son argent à leur seul profit, et qu'ils tiennent tellement le monde en laisse qu'ils obligent les états à s'endetter pour les renflouer, sous peine de misère encore plus grande.

Bref, quand je vois la presse s'acharner sur Sarkozy comme le font les plus stupides journaux "people", je me dis vraiment qu'il n'y a plus de véritable presse.

Et je vous assure que je n'aime pas Sarkozy, et qu'à la base, je suis plutôt de gauche.

En savoir un peu plus sur Jacques Attali :

- http://www.attali.com/fr/index.htm

- http://blogs.lexpress.fr/attali/

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Sam 7 Mar 2009 - 10:08

Point de vue partagé.

Merci pour les liens vers Attali, personnage dont j'observe les écrits, les émissions, depuis longtemps.

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MessageSujet: Re: Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.   Aujourd'hui à 7:39

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Victor Hugo aurait pu l'écrire aujourd'hui.
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