La belle rencontre

Le contraire d'une rencontre fâcheuse
 
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 L'Euthanasie

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pascale
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MessageSujet: L'Euthanasie   Ven 19 Mai 2006 - 10:43

L'euthanasie, est l'action ou l'omission dont l'intention première vise la mort d'un malade pour supprimer la douleur.
C'est une mort imposée qui s'oppose à la mort naturelle.

Alors que la Belgique est le seul pays d'Europe à avoir adopté la loi qui dépénalise l'euthanasie, la Suisse autorise implicitement l'aide indirecte ou non au suicide, dès lors que l'assistant n'est animé par aucun mobile égoïste et que la mort découle du suicide.

En France, la pratique a déchaîné les passions lors de l'affaire Vincent Humbert, tandis que la mère de Lionel Jospin, choisissait de se donner la mort pour ne pas imposer à ses enfants le poids d'une vie qu'elle jugeait pleine, et temps de quitter.

Peut-on considérer comme un progrès de légiférer autour de cette question?

A-t-on le droit de choisir sa mort?
Quels sont les risques de dérive?

La question spirituelle peut-t-elle s'accommoder de ce principe?
Ci-dessous un site très intéressant sur l'éthique et la reflexion, aussi bien que les lois de nos pays Européens.

http://www.genethique.org/doss_theme/dossiers/euthanasie/acc.euthanasie.htm

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Mer 24 Mai 2006 - 13:00

Je viens de regarder un documentaire diffusé il y a quelques semaines sur arte, consacré à l'association EXIT.

Exit est constitué d'un groupe de bénévoles qui assistent les personnes désireuses d'en finir pour abréger leurs souffrances lorsque le diagnostic médical ne laisse aucune chance d'amélioration.

Ils peuvent agir en toute légalité en suisse, grâce à l'article 115, qui reprend les termes cités plus haut dans le sujet.

Ces gens sont bouleversants d'humanité et de dévouement.
Ce qui m'a frappée, c'est la demande croissante des patients qui dépasse leur capacité d'action et d'accompagnement.

Ils en arrivent à devoir différer cette démarche, qui comporte néanmoins un protocole un peu similaire à celui d'un divorce.

La demande doit être faite par écrit, puis réitérée après un certain temps, alors que l'accompagnateur se déplace plusieurs fois pour faire connaissance avec l'acompagné et se familiariser avec son environnement, sa situation, sa maladie, etc...

Jusqu'à la dernière seconde, l'accompagnateur s'enquiert de la solidité de cette décision ultime, il donne un petit cachet qui va tranquilliser la personne, puis quelques minutes plus tard, il lui donne la solution létale en lui signifiant que ce voyage sera sans retour.
C'est la personne qui boit toute seule.

Quelques instants après, l'accompagnateur appelle le médecin légiste qui constate le décès selon la procédure Exit.

Tous les demandeurs doivent adhérer à l'association pour bénéficier de cet accompagnement et tous les membres ont une formation pour l'accompagnement, ce qui semble tout à fait naturel...

Au cours du reportage, on comprend que les dépressifs sont systématiquement écartés de ce droit, même s'ils souffrent depuis très longtemps.

J'avais déjà vu un reportage qui suivait un malade handicapé qui avait moins de 40 ans, en Belgique, et qui voulait absolument cesser de vivre, estimant que les souffrances étaient trop importantes et qu'il était allé au bout de ses capacités d'adaptation dans sa vie actuelle.

Tout s'était fait dans la plus parfaite sérénité...

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Jeu 25 Mai 2006 - 21:49

Je n'ai aucune conviction personnelle sur le sujet.

Je suis convaincue qu'après la mort, il y a une autre vie et je pense profondément que les suicidés ne sont pas délivrés de leur chagrin.

Mais la question de l'euthanasie m'interpelle parce qu'elle concerne des situations sans espoir.

Il me semble que la délivrance de ces êtres en souffrance, dans une démarche totalement humaniste, est un progrès considérable pour nos sociétés.

Si tu avais vu le reportage, tu aurais constaté comme moi, la détermination de ces personnes.

Crois-moi, au dernier moment, face aux questions réitérées du choix de mourir, elles sont sereines dans leur réponse. On ne sent aucune gêne, ni aucune hésitation.

Quant à faire ce choix pour moi-même, c'est un autre débat.
Je ne suis pas prête à l'envisager, mais je peux évoluer.
Ce qui est certain, c'est que si je pense pouvoir un jour demander à abréger mes souffrances, c'est vraiment parce que je serai capable d'assumer cette décision.

Il y a 3 ans, j'ai décidé que si je devais partir prématurément, je faisais don de mes organes.

Depuis des années, cette question me gênait.
Je refusais d'admettre que sous prétexte que le corps n'était plus rien, il était simple de donner ses organes.

L'idée des circonstances dans lesquelles, on déclare un être en situation de mort cérébrale, me paraissait aussi obscures...

Et puis je ne voulais pas qu'on me présente comme une coupable incapable du don de soi, sous prétexte que ma réflexion n'avait pas encore abouti à cette acceptation...

Et puis un jour, cela m'a paru évident.
J'ai pu réellement projetter l'image d'une vie sauvée par ce don.

Tout est possible.

Il existe vraiment des gens qui savent intimement qu'ils n'accepteront pas un combat qu'ils jugent inutile.

J'entends bien la question de la minute où tout bascule, celle qui nous fait passer de vie à trépas.
Je pense qu'elle est terrible pour ceux qui n'ont pas choisi de mourir.

Les condamnés, les otages, les victimes, etc...

Je pense qu'on est au clair avec soi-même quand on fait un tel choix.

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Ven 26 Mai 2006 - 8:47

Je replace ici ce que j'avais écrit quand nous avions abordé le même sujet sur le forum Maison de la sagesse ( Je n'y ai pas retrouvé ce texte )

J'écrivais alors :

" Euthanasie - Maison sagesse- actualité 19.01.06 :

Dans tous les cas vie et mort font partie de la même histoire d'un individu. L'Euthanasie, c'est-à-dire la bonne mort, pour certains, signifie terminer sa vie selon le concept de la dignité de leur vie.

Les efforts pour une belle vie, une noble vie, sont parfois associés à la nécessité de prendre en charge soi-même la fin de cette vie. A noble vie on voudrait associer noble mort.

Il arrive que ni la personne, ni la société, ne puissent lutter contre la souffrance physique ou morale d'un mourant. Dans ce cas est respectable le choix de qui veut abréger " le naufrage inéluctable " la décrépitude, l'indignité à mourir comme une bête quand on a cru s'élever en vivant sa vie d'humain.

Certaines agonies sont, selon moi, indigne d'une société civilisée. Mais ce concept de " civilisé " est propre à chacun. Pourtant la société nous impose une conception.

Qui a défini le sens de la vie des humains, avant de rédiger les codes qui la régissent ?

Tant qu'un humain est valide et conscient, il peut toujours se donner la mort seul. C'est assez simple, et qui n'en a pas la volonté en a-t-il vraiment le désir ?

Mais qui aidera celui qui a souhaité " mourir dignement", a rédigé un contrat devant témoin, dès lors qu'il sera impuissant de corps et d'esprit ?

Les " bons apôtres " ont-ils évalué le risque de voir des personnes se suicider à quarante ans, par crainte d'une maladie qui les invaliderait... à quatre-vingts ans peut-être ?

La certitude de mourir selon sa conception propre est aussi une aide à bien vivre. "

Je précise que j'adhère à l'association française ADMD : Association pour le droit à mourir dans la dignité. Celle-ci s'efforce d'obtenir des lois pour que l'aide à mourir soit légale dans certains conditions. Elle propose à ses adhérents un " testament biologique " qui atteste de la demande à mourir ( mort inéluctable et souffrances horribles ou incapacité à exprimer sa douleur et son désir de mort )

A un certain moment elle a même donné à ses adhérents une " guide de libération " qu'on ne doit pas révéler et qui est simple à appliquer. La loi s'oppose à ce genre de " service rendu "et cela n'a pas été renouvelé.

Mes conceptions philosophiques me laissent à penser que notre nature d'être vivant nous met dans les mêmes conditions que les plantes ou animaux. Après notre mort nous ne sommes plus que de la matière inorganisée.

Ce qui différencie les êtres vivants c'est leur organisation, cela même qui les fait vivre. Cette organisation, ce programme organisateur, c'est ce que j'appelle l'esprit et tout être en est doté, de la pierre à l'ordinateur.

Lorsque l'esprit, c'est-à-dire l'organisation, cesse, c'est la mort, il ne reste alors que la matière.( et la trace que nous laisserons dans le souvenir des vivants ou par notre action passée sur le monde ) Le grand esprit organisateur seul demeure , c'est ce que j'appelle Dieu.

La matière qui nous a constitués - et nous a donné pour un temps l'illusion d'un ego individuel - reprend du service sous d'autres formes : c'est en cela que nous retournons à la vie éternelle.

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Ven 26 Mai 2006 - 9:30

arnold.jack a écrit:
Les " bons apôtres " ont-ils évalué le risque de voir des personnes se suicider à quarante ans, par crainte d'une maladie qui les invaliderait... à quatre-vingts ans peut-être ?

La certitude de mourir selon sa conception propre est aussi une aide à bien vivre. ".

L'euthanasie, bien qu'aussi appellée suicide assisté, n'est pas un suicide.
Le contexte n'est pas le même quand on choisit de finir dignement sa vie parce que l'organisation de celle-ci n'est plus digne d'être vécue, et quand on décide de mettre fin à ses jours, souvent de manière violente, d'ailleurs, parce qu'on reste traumatisé par un événement, ou bien qu'on n'a plus le goût de vivre.

Dans le cas de l'euthanasie, il s'agit d'un protocole bien particulier qui exclut toutes les mauvaises raisons de vouloir mourir.

Se suicider à 40 ans par peur d'une maladie invalidante, ce n'est pas de l'euthanasie.
Aucun humain digne de ce nom n'acceptera de se rendre complice d'un tel choix.

Par contre lorsque l'invalidité est bien en place et qu'elle est une vraie barrière dans cette fameuse organisation, la demande peut être entendue, et pour moi, il y a une différence fondamentale.


Maintenant, nous n'empêcherons pas certaines personnes jusqueboutistes de se suicider à 40 ans par peur d'avoir à affronter un jour la vieillesse.

Il existe encore de l'acharnement thérapeutique, aujourd'hui, comme il existe un refus de soulager la douleur, malgré les progrès considérables qui ont été faits dans ce domaine.

Je crois que notre société porte encore un tabou terrible qui est celui de la mort.

On fait tout pour prolonger la vie le plus longtemps possible.
On freine les effets de la vieillesse...le plus possible.

On voit la mort banalisée partout dans les média, et pour autant, on ne sait plus en parler.
On la cache, on la masque on ne s'en est jamais autant éloigné que depuis cette banalisation qui ne montre absolument pas le sens de cette rupture définitive.

Il y a 40 ou 50 ans, on veillait les morts...3 jours!
On emmenait les enfants leur rendre visite,
On apprivoisait ce passage obligé de façon beaucoup plus naturelle.

Je crois qu'il faut tout réapprendre.
L'euthanasie et l'accompagnement de la fin de vie permettent de se pencher sur la question et deviennent une véritable école de la vie...du coup.

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Ven 26 Mai 2006 - 16:41

L'exemple de la personne se tuant à quarante ans par peur qu'on la laisse mourir comme un légume quelques mois ou quelques années plus tard, ne représente pas forcément, pour moi, un suicide de désespoir ou de panique soudaine.

Je conçois que cela puisse être un choix réfléchi. Un suicide peut être une euthanasie donnée à soi même lorsqu'on sait qu'on ne sera pas aidé pour cela, même si les circonstances justifiaient l'acte beaucoup plus tard.

Sachant que ce monde, non suffisamment civilisé, laissera la souffrance, la décrépitude (Alzheimer ) avoir raison d'elle, cette personne pour ne pas perdre sa dignité - selon l'idée qu'elle s'en fait - pour ne pas faire souffrir ses enfants qui assisteraient impuissants à sa décrépitude, choisit de partir plus tôt.

Si cette personne avait eu la garantie que, selon sa volonté écrite, dès la perte de ses facultés mentales, dès le début d'une survie végétative, on mettrait fin à ses jours... alors peut-être aurait-elle accepté d'attendre une fin qui serait venue beaucoup plus tard.

Qui sont les décideurs, ceux qui revendiquent le laisser faire du hasard ou de Dieu, propriétaire de toute vie ? Il est fort à parier qu'on les retrouve au complet parmi tous ceux qui décident des trafics d'armes et des guerres en tout genre. C'est aussi une façon de terminer des vies, mais ce n'est pas aux simples personnes d'en décider, les Décideurs s'en chargent.

Je sais que je suis excessif, mais la direction du monde est telle que je doute de l'humanité des décideurs.

Il n'est pas question de donner l'euthanasie à qui ne la souhaite pas ou ne l'a pas demandé par écrit. Il est seulement question que les uns ne choisissent pas pour les autres.

Il y aurait risque de suicide suite à un désespoir passager ? Certes, mais des civilisations passées avaient prévu qu'on présente sa requête d'euthanasie devant un conseil de sages. Cela donnait un peu de temps à la réflexion. Et le conseil décidait au vu des arguments s'il donnait la potion létale ou s'il conseillait une assistance pour aider à vivre.

Plutôt que d'écouter et d'assister, beaucoup de décideurs ( et depuis longtemps ) ont préféré interdire qu'on se donne la mort soi même ou qu'on y aide par amitié ( noble est seulement de mourir au combat ! ) Et d'exposer les suicidés aux carrefours, de leur refuser rituels ou sépultures, d'horrifier les vivants par les feux de l'enfer prévu... Et autres manipulations à conserver les inférieurs au service des dominants. Car c'est ainsi que j'interprète souvent le projet de notre monde.

Que notre monde réapprenne à regarder la mort comme un acte normal de fin de vie,oui, mais pour autant le concept de qualité de vie a évolué et il n'y a rien de noble a mourir comme au moyen âge

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Sam 27 Mai 2006 - 12:49

Bonjour Arnold, Very Happy

Je suis heureuse que tu réapparaisses...

J'ai le sentiment qu'il y une confusion avec le suicide dans ton intervention.

Quand tu prends l'exemple de ce quarantenaire qui anticipe sur l'incapacité d'une société à lui permettre une mort digne, je ne comprends pas bien.

A 40 ans, on est encore, si tout s'est bien passé, assez énergique pour vivre des tas de choses, bien qu'ayant probablement déja entrevu les affres de la douleur et du vieillissement.

Personnellement, je ne peux admettre que dans la perspective d'une agonie à laquelle la société refuserait de mettre légalement un terme, ce quarantenaire se suicide bien avant.

T u évoques le souci de ne pas peser sur les enfants, mais quel souci a-t-on d'eux, lorsqu'on décide de les laisser orphelins, encore jeunes?

Enfin, ai-je bien saisi ta pensée et ton raisonnement?

Personne ne sait à l'avance quelles seront les causes de sa propre mort.
Accident, maladie, condition extrêmes de violence...Il me semble qu'il est difficile de vouloir anticiper sur ce point, mais on peut, à la manière du choix du don d'organes, remplir un formulaire, dans lequel on explique son choix.

Il y a toujours le risque de changer d'avis.
Quand on envisage sa mort, on le fait en bonne santé. C'est peut-être facile de dire en toute bonne foi, qu'on refusera d'agoniser et de souffrir pour rien, sachant que tant qu'on ne vit pas les choses, il est difficile d'avoir un jugement objectif sur elles.

Qui nous dit que nous ne nous accrocherons pas à ce mince filet de vie, même ingrate, dans la peur de fermer les yeux?


Quoiqu'il en soit, ce ne sont pas des choses qui se décident un beau matin.
Cela demande une préparation, une expérience de la vie, un cheminement...Des rencontres décisives peuvent aussi nous aider à comprendre.

Pour moi, la question reste totalement ouverte.
Je sais que malgré une très longue souffrance existentielle dont je pense être sortie, je n'ai jamais pensé à me donner la mort, pour ne pas alourdir ma mort!

J'ai feinté, en agissant inconsciemment, dans la perspective de partir...c'est encore un autre sujet... Very Happy

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Sam 27 Mai 2006 - 16:05

Il est difficile d'être démonstratif sur un exemple.

Le cas dont je parle est celui d'une personne en souffrance depuis quelques années et qui s'est accrochée. Souffrant de plusieurs handicaps dont un début de perte de mémoire, avec parents décédés après maladie d'Alzheimer. Sans compter d'autres souffrances physiques qui faisaient craindre un cancer. Le tout avec des médecins évasifs. Enfant ayant atteint la majorité.

Plutôt que de souffrir de l'indignité de sa mort ( quand on a vécu dans la rigueur, le sens de la beauté, de la pudeur, difficile d'imaginer le spectacle qu'on donnera dans les grimaces de la souffrance, la perte de maîtrise de ses sphincters ..) cette personne a choisi de partir en douce, sachant même qu'à évoquer son suicide elle courait le risque de le voir entraver.

Ce cas me touche au point de ne plus vouloir l'évoquer. Mais en vérité je trouve cette personne plus respectable sue celles qui parlent de l'enfer pour les suicidés ou autres refus de rites et sépultures.

Mais sans doute suis-je un mauvais sociologue et un mauvais politique.

Où les dominants trouveraient-ils des esclaves ou des guerriers si les dominés opposaient à toute domination un arrêt de leur vie. Je me demande si la peur de la mort suffirait alors, s'il ne faudrait pas pour que les gens vivent, un peu améliorer leurs conditions.

Et aucune société ne peut tolérer l'incitation au suicide, évidemment. Ceci dans l'intérêt des dominés mais surtout des dominants.

Les problèmes du monde ne sont-ils pas un peu liés à cette relation dominants dominés. Mais je vais glisser hors sujets sans doute.

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Sam 27 Mai 2006 - 16:28

Bien, donc tu parlais d'une personne qui a toutes les raisons de vivre dans des conditions physiques qui se détériorent.

J'avais compris que tu évoquais le cas de quelqu'un qui, pour ne pas avoir à prendre le risque d'une telle détérioration, préférait mettre fin à ses jours, avant même que toute maladie soit en place...

Le cas est différent.
Biensûr qu'une telle demande me paraît légitime.

Le fait d'évoquer l'enfer pour les suicidés n'a rien de bigot dans la démarche.

Ce n'est pas le propos, mais, n'en déplaise aux cartésiens, certaines personnes ont des dons qui leur permettent de savoir comment certaines choses continuent hors de notre espace temporel...Biensûr, aucun mort n'est revenu, du moins en lui-même, donc on peut toujours se gausser, mais je pense que l'âme n'a pas de repos, si elle n'a pas achevé son travail sur la terre.

Je sais que c'est un sujet qui fâche, mais si l'on considère que la vie ici-bas est un cheminement qui doit nous faire avancer pour des raisons bien précises, on peut concevoir que le libre arbitre dans le contexte de la mort est à étudier de très près.

Pour te rassurer, je pense qu'un suicidé a encore plus besoin qu'un autre du rituel nécessaire pour accompagner son âme là où il devra retrouver le sens des choses.
Cela ne sera probablement pas suffisant...mais là, nous entrons dans un autre débat

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Dim 28 Mai 2006 - 9:18

Pascale écrit :

Citation :
" Pour te rassurer, je pense qu'un suicidé a encore plus besoin qu'un autre du rituel nécessaire pour accompagner son âme là où il devra retrouver le sens des choses "

Je ne sais pas si un suicidé a besoin de quoi que ce soit. Je crois que pour lui-même il n'existe plus !

Je lis parfois ce passage:

De l’Ecclésiaste /Bible Louis SEGOND : après la mort
9.5-6 : Les vivants, en effet, savent qu’ils mourront ; mais les morts ne savent rien, et il n’y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée. Et leur amour, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri ; et ils n’auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil.
9.10 : .Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ;car il n’y a ni oeuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas.


Je crois que pour lui-même le défunt n'existe plus !

Mais pour ceux qui restent, quelle culpabilité ! Ce sont les vivants qui ont besoin de rites ! Et quand bien même les religions excluraient de leurs rites les suicidés, il existe d'autres institutions et cérémonies funèbres qui prolongent la chaîne d'union par delà les ruptures causées par les incidents de la vie.

Et puis chacun peut s'inventer des rites. Pour moi-même, je m'y entends assez bien ! : ))

Tu dis que nous sortirions du sujet et assimilant le problème de la paix des âmes des suicidés avec celui de l'euthanasie, je pense au contraire que nous serions en plein dans le fond du sujet. C'est un des non-dits qui font barrage aux décisions légales !

Pour régler bien de nos problèmes présents, il en est qui ont eu le génie de les projeter dans un hypothétique au-delà. Là où personne ne peut vérifier, ils se prétendent en possession d'un savoir réservé à eux. Et par-là même ils agrandissent les bases de leurs pouvoirs.

Et pauvres gens d'en recueillir à la fois le baume de l'illusion et les entraves qui vont avec !

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Dim 28 Mai 2006 - 14:30

Je ne connaissais pas ce passage de la bible, relativement décourageant pour celui qui espère un quelconque réconfort... What a Face

Il est certain que nous ne partageons pas la même croyance, donc il nous sera difficile de nous convaincre mutuellement.

Je suis étonnée par ton argument
Citation :
Pour régler bien de nos problèmes présents...les bases de leurs pouvoirs

Je ne prétend pas être en possession d'un savoir qui m'est réservé.
Je prétend qu'en ouvrant mon coeur à d'autres possibles, je peux voir l'invisible, d'une certaine manière.

Cela ne me donne aucun pouvoir à utiliser sur autrui, mais il est certain que je suis aidée dans ma recherche de sens.

Je ne suis pas crédule, je fais partie de ceux qui ont besoin d'expérimenter pour se convaincre de la justesse des choses.

Aujourd'hui, il y a un tabou énorme sur cette connaissance qu'on assimile à un ésotérisme de bas étage.
Il faut, pour avoir l'air intelligent, douter de tout, rire du guérisseur et du clair-voyant, ne pas croire aux anges gardiens et continuer sa vie dans les rails de la pensée ambiante (la véritable expression m'échappe!)

Ainsi, celui qui vit des expériences "surnaturelles" évoquées dans un autre sujet, doit les taire sous peine de passer pour un allumé ou un naïf qui a trouvé la bonne méthode pour avoir moins peur de la mort... Mad

La mort de l'autre me laisse un vide énorme.
La vivre dans ma chair, le vide, l'espace de mes bras qui n'a plus les frontières de l'autre, c'est extrêmement douloureux...Je suis comme tout le monde, mais j'ai la chance d'avoir une approche tout aussi sensible de la question qui autorise un lien supra sensible entre le monde invisible et celui-ci.

Je ne vais pas m'en priver, car c'est vraiment une réalité qui change le sens de la vie.

Et je n'ai pas toujours été ainsi.
J'ai d'abord succombé à l'obstination qui veut tout rationaliser, me fermant à la vision intérieure, et puis, j'ai doucement évolué après les leçons...

Pour autant, beaucoup d'incertitudes et d'incompréhension demeurent...
Pourquoi, telle maladie, plutôt que telle autre?

Pourquoi cet enfant, dans ces conditions-là?

Pourquoi la mort violente sur l'innocence?

Je te sens très aigri sur la question et j'entends une souffrance.
Est-ce que cela ne fait pas barrage à une perception qui pourrait évoluer?

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Lun 29 Mai 2006 - 9:00

Pascale,

------ Mon propos ne vise surtout pas à contrarier tes convictions. Ce n'est pas l'esprit de notre forum, je crois, de nous opposer de personne à personne.

Il s'agit d'émettre des points de vue qui enrichissent le traitement d'un sujet : des thèses, et anti-thèses et pas obligatoirement de synthèses.

Nous nous enrichissons de percevoir chez d'autres des points de vue différents des nôtres. Il est formateur, également, de constater la difficulté à faire passer un message. Ce qui marque l'autre n'est pas toujours ce que nous voudrions signaler, et nous constatons qu'un message émane des mots employés par nous, sans que nous ayons imaginé que ces mots portaient un tel message.

Je sais que sur ce forum nous avons la sagesse de ne pas nous formaliser de ces difficultés. Elles sont formatrices.

--------

Quand j'écrivais ci-dessus :
Citation :
" Pour régler bien de nos problèmes présents, il en est qui ont eu le génie de les projeter dans un hypothétique au-delà ",
je ne pensais pas du tout à toi, mais à tous les dominants qui se sont efforcés de guider les masses au travers des âges : un peu dans l'intérêt des masses , et beaucoup dans l'intérêt des dominants. Je place les religions dans ce domaine et aussi beaucoup des décisions de nos actuels comités d'éthique.

Si tu as lu cette nouvelle de science-fiction de Wells : l'île du Docteur Moreau, tu devrais comprendre ce que je veux exprimer par là. Ce livre illustre bien comment un petit groupe d'hommes lucides guident vers plus d'humanité des êtres primitifs. Afin d'asseoir leur domination " éducative " les " maîtres " font croire qu'ils seront agissants même s'ils sont morts ... De nos jours encore on fait croire aux simples qu'ils seront punissables ou récompensables même après leur mort. Ce qui responsabilise grandement en persuadant que nul ne peut échapper à son sort, même après la mort.

Je pense que cette méthode a pu être utile, qu'elle l'est encore pour une grande part de l'humanité. Néanmoins, ce n'est pas forcément faire preuve d'orgueil que de réexaminer nos concepts à la lumière des acquis de connaissance.

Je ne condamne pas la foi qui sert de baume en annulant l'angoisse qu'une lucidité peut susciter. Quand on n'est pas dans la domination d'un groupe, quand il s'agit pour chacun de trouver en soi, dans ses expériences, dans sa religion, des ressources pour tenir le coup, je suis d'accord. Faute de mieux !

D'ailleurs un même individu peut être rationnel, rationaliste, et jouer consciemment de sa parcelle de crédulité apaisante pour passer une mauvaise phase que la raison ne peut résoudre. C'est la sagesse de l'autruche. Si mettre la tête dans le sable empêche de mourir de peur, c'est un acte sage !

Pour ce qui est de l'intuition, des idées qui nous viennent de la communication possible avec une entité extérieure - une part de nous même, un ange gardien, Dieu ou un de ses saints, ou simplement une profonde conviction, voire même une vision réconfortante nous assurant d'une continuité possible de nous au-delà de nous - j'exploite tout cela à mon propre profit s'il le faut.

Tu évoques l'attitude méprisante de certains vis à vis de " sagesse" ésotérique. Tu aurais pu en appeler aux traditions diverses, au livre des morts tibétain ou égyptien, à mille pseudo preuves allant des sourciers, aux devins, et autres guérisseurs. Tous ces gens apportent de l'eau au moulin d'un monde inconnu où l'on peut ranger toutes affirmations invérifiables. J'ai consacré beaucoup de temps de ma vie à ces balivernes, à lire avec sympathie ses simples, mais à détester ce monde d'escrocs que j'y ai découvert.

Il y a de leur influence dans ces prétentions à " une vie après la mort " quand il s'agit de parler de l'euthanasie. Mais pour approfondir leur rôle, l'influence de leurs réseaux, il faudrait ouvrir un autre sujet.

Si leurs mensonges à tous n'étaient considérés, quelque part, comme d'utilité publique, je suis persuadé qu'en peu de temps on démontrerait leur sottise ou leur rouerie.

Mais est-ce humain de retirer l'opium qui obscurcit la perception du réel, certes, mais qui est encore le seul baume à certaines souffrances. Lorsque je défends ma devise, j'ai toujours un doute quand il s'agit de promouvoir " la lucidité " !

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Lun 29 Mai 2006 - 9:59

Ne t'inquiète pas Arnold, je ne suis pas contrariée Very Happy
Et je ne prends pas du tout pour une attaque personnelle, un avis contraire au mien.

On reconnaît un maître véritable, justement à sa non volonté de faire école.

Pour réexaminer nos points de vue, il faut souvent un événement...inattendu.

Moi aussi, j'ai rencontré des escrocs, je ne leur ai jamais laissé le temps ni l'occasion de me pénaliser parce que je suis trop indépendante d'esprit.

Je ne vois pas bien de quel groupe d'influence tu parles quand tu évoques les "prétentions à une vie après la mort, quand il s'agit de parler de l'euthanasie"?

Si tu peux nous apprendre des choses sur ce sujet alors ouvres-en un nouveau.

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Mar 30 Mai 2006 - 16:32

Je veux dire qu'il existe des "philosophes " structrurés en groupes : religieux, sectaires, franc maçonniques, politiques, artistiques, qui chacun selon sa structure, véhicule "une culture ", des formes de penser et d'envisager le monde ...

En genéral ces groupes fonctionnent sur un modèle pyramidal. Les étages du dessus ont de moins en moins de membres et l'information partagée ne redescend pas.

La pyramide( symbolisme spatial ) de l'ensemble de la société humaine fait que les personnages de hauts étages, même s'ils ne sont pas sur la même face de la pyramides, sont spatialement très proche les uns des autres.

Pour des faces dont les bases nourrissent des idées très différentes, les étages élevés arrivent à mieux s'entendre et à coopérer - quand bien même les bases se chamaillent -

Les quelques personnages du sommet de la pyramide ont tous été sélectionnés sur une même vision ou méthode : il serait impossible à l'humanité de se perpétuer et d'évoluer si l'on supprimait l'idée qu'il ne reste plus rien d'un individu quand il est mort.

Croire en une vie individuelle, avec affect et intelligence d'un principe appelé âme, est fondamental pour l'humanité. Permettre à chacun de cesser de vivre quand bon lui semble serait diminuer l'importance de la vie ( ce qui n'empêcherait pas le suicide ). Déclarer que la vie ne finit jamais, voire qu'on paye éternellement l'acte d'avoir clos ce qui serait une première phase, est un verrouillage indispensable.


Je reste dans un symbolisme abscons, je sais. Et je n'ouvrirai pas de sujet la-dessus.

En la matière, je crains de ne savoir ni lire, ni écrire ! Incompétent donc !

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MessageSujet: Re: L'Euthanasie   Jeu 15 Juin 2006 - 7:44

Peut-être un petit pas vers l'acceptation de cette fin de vie-là:

http://www.msn.fr/news/san/Default.asp?id=060614171103.a69a2b9h.asp&MSPSA=1

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