La belle rencontre

Le contraire d'une rencontre fâcheuse
 
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 9 mai, journée de l'Europe.

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jemrobe
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MessageSujet: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 8:50

Je propose cette réflexion en suite logique du débat amorcé sous le titre « la sixième république »

Le 9 mai 1950, Robert Schuman présentait sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien de relations pacifiques.

Cette proposition connue sous le nom de déclaration Schuman, est considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne.

Aujourd'hui, le 9 mai est devenu un symbole européen (journée de l'Europe) qui, aux côtés du drapeau, de l’hymne, de la devise et de la monnaie unique l'euro, identifie l'Union européenne en tant qu'entité politique.

À la différence de beaucoup d’autres, la plupart des dirigeants français ont depuis longtemps indiqué que la construction européenne était une façon de perpétuer le projet national en lui donnant de nouvelles formes.
Sur au moins deux registres, cette volonté de « projection » paraît désormais se heurter aux faits, ce qui sà mon avis explique le rejet français du projet de constitution européenne lors du référendum du 29 mai 2005.

À titre d'exemple récent de la vision hexagonale de l'Europe de la part des parlementaires français, je vous suggère de lire la réaction "franco centrée" d'Arnaud lors d'un débat portant sur la transposition d'une directive européenne sur les OPA.

Pour en revenir à la position culturelle française vis-à-vis de l'Europe :

Zbigniew Brzezinski a décrit dans des termes très clairs la vision française de l’Europe : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. L’Europe fournit à la France le moyen de renouer avec sa grandeur passée. La création d’une « véritable » Europe - « de l’Atlantique à l’Oural », selon les termes du général de Gaulle – vise à mettre un terme à cette situation inadmissible. Et ce projet, puisqu’il doit être conduit depuis Paris, rendra à la France la grandeur qui, selon ses citoyens, correspond à la destinée élective de la nation ».
En indiquant que la construction européenne constituait le « levier d’Archimède » de la France, le général de Gaulle a parfaitement résumé un tel projet : il s’agissait de mettre l’Europe au service de la volonté de puissance nationale.

Or, tous les pays de l’Union européenne ne partagent pas cette conception pour des raisons qui tiennent à des histoires politiques et à des cultures stratégiques différentes.
Pour nombre d’entre eux, la construction européenne a, avant tout, vocation à établir un espace de paix sur le continent, pas nécessairement à faire naître une nouvelle puissance.
S’agissant de la politique étrangère et de la défense, beaucoup s’accommodent de la protection et du leadership américains, établis après la Seconde Guerre mondiale, même si une réflexion sur une plus grande autonomie de l’Union européenne et de ses États membres dans ces domaines doit être conduite, dans le contexte actuel où l’Europe ne fait plus figure de priorité stratégique pour les États-Unis.

Les débats sur la guerre en Irak ont démontré avec éclat l’ampleur des divergences européennes sur la question politique fondamentale par excellence : décider de faire la guerre.

Le fait que les pays d’Europe centrale et orientale soient plutôt apparus aux côtés du Royaume-Uni et des États-Unis a sans doute renforcé cette prise de conscience chez beaucoup de Français.
Continuateur du projet gaullien « d’Europe puissance », François Mitterrand a également engagé un autre type de projection vers l’Union : pour mieux faire accepter la pleine participation de la France au marché européen (notamment après le « tournant » de 1983), il a indiqué qu’elle aurait pour contrepartie l’édification d’une Europe économique et sociale capable, s’inspirant du « modèle français », de redonner au gouvernement des « marges de manœuvre ».
Cette « vision » est sans doute encore présente dans beaucoup d’esprits, tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.

Le problème est que, sur ces deux registres, les thèses françaises ont de plus en plus de mal à convaincre les autres pays de l’Union européenne et qu’elles font de plus en plus figure d’« illusions perdues ».

À peine sortis du communisme et réticents (pour dire le moins) à tout interventionnisme étatique trop marqué, les pays nouvellement admis dans l'Europe sont davantage sensibles aux bons résultats économiques des pays libéraux qu’aux vertus supposées du « modèle social français ».

Cette grande difficulté à mettre en œuvre au niveau européen le projet économique et social défendu par la plupart des responsables politiques français est de plus en plus apparente et semble sans issue, nos penseurs politique n'acceptant pas l'idée que nous n'avons peut être pas forcément raison.

C'est sans doute la raison pour laquelle nos représentants brillent par leur inefficacité pratique voir par leur absentéisme au sein de l'assemblée européenne.

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jemrobe
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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 9:13

Une info qu'elle est bonne :
Le plombier polonais, épouvantail en France des adversaires de l'élargissement à l'Est de l'Union européenne, a fait irruption dans la politique en Pologne à travers une campagne de publicité d'une radio privée. "Plombiers, restez en France, la 4e République arrive", proclament, dans une allusion au programme de la droite polonaise au pouvoir, des panneaux publicitaires géants apparus lundi dans plusieurs villes du pays.

Destinée apparemment à intriguer le public, cette publicité mystérieuse est en fait celle de la radio de Cracovie (sud) RMF FM très critique du pouvoir actuel, a-t-on appris auprès de la station qui, officiellement, maintient le secret.
D'autres panneaux du même type encouragent les médecins polonais à rester en Allemagne, les infirmières à ne pas rentrer d'Espagne et les chauffeurs routiers à rester en Angleterre, mais appellent les soldats polonais à rentrer d'Irak.
Le parti conservateur Droit et Justice (PiS) des frères jumeaux Kaczynski, vainqueur des élections d'automne, a promis aux Polonais une 4e République, meilleure que la 3e instaurée après la chute du communisme en 1989.
Les conservateurs viennent de former une majorité avec les populistes et l'extrême droite, dont les chefs Andrzej Lepper et Roman Giertych ont obtenu chacun un poste de vice-Premier ministre dans le gouvernement remanié de Kazimierz Marcinkiewicz, devenu majoritaire.
"La publicité doit intriguer et éveiller la curiosité. La campagne de la radio RMF FM remplit ces conditions", a commenté lundi le chef d'une grande agence de publicité, Adam Radziun, cité par le quotidien Dziennik.
Depuis l'arrivée des frères Kaczynski au pouvoir, d'innombrables blagues jouent sur la tentation de l'émigration, reprenant une thématique très en vogue sous le communisme.
affraid

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 9:33

Au 1er référendum sur le désir de l'Europe où non, j'ai voté "oui".

Je me suis dit que je ne comprenais pas grand chose mais que dans l'idéal, il fallait absolument lui donner sa chance.

Il me semblait également que de toute façon, on était "condamné" à la faire parce que la solution était forcément dans cette belle perspective...

Au référendum de la constitution, je n'ai pas voté, mais si je l'avais fait, j'aurais voté "non".

Pourquoi? Parce que je me suis dit que ce couteau sous la gorge, c'était insupportable!

J'ai profondément envie de l'Europe.
Je trouve merveilleux tout ce qu'elle peut apporter sur le plan culturel, en revanche, sur le plan économique, même si j'ai compris qu'un certain nombre de choses de mon quotidien était le fruit de son existence, je trouve qu'il y a encore tellement de zones d'ombres sur les conséquences sociales...

Il y a quelques jours, on évoquait dans les média, l'arrivée des plombiers polonais sur le marché du Bâtiment.
Y'a bon! se dit l'entrepreneur...Voilà quelqu'un qui, de toute façon, sera mieux payé que dans son pays, mais plus mal qu'un professionnel français, qu'au passage, on taxe de fainéant pour se donner bonne conscience de mal le payer... Mad

Conclusion, les ouvriers qui gagnent déjà péniblement leur vie, dans ce domaine-là, seront victimes d'une concurrence déloyale, qui ne peut qu'anéantir leur espérance d'être un jour mieux payé.

En plus, le patronat est content, car il dresse les ouvriers les uns contre les autres. Ca lui fait des vacances! Non?

Le problème, c'est qu'une fois que l'ouvrier polonais sera habitué à sa vie française, il sera peut-être plus gourmand

Quand j'observe les choses, je me dis que les français n'ont pas assez de garanties sur l'énergie et la volonté de leurs dirigeants à faire le maximum dans la lutte contre la misère et la pauvreté qui gagnent réelement le pays, pour avoir confiance en un pays élargi.
La souffrance est réelle.

Difficile de réagir avec assez d'objectivité.
De ne pas être dans l'émotionnel quand on voit les victimes de nos systèmes qui favorisent les gros et les grands.

Notre société se ghéttoïse. Le pauvre, aujourd'hui, ce n'est plus le sdf, c'est celui qui bosse et ne peut pas forcément se loger dans des conditions décentes, etc...

Mais le politique s'en fiche. Il joue. Il sait que l'opium reste le rêve du loto et que peut-être, un jour, le pauvre gagnera. Et puis, il y a la nouvelle star, etc... Crying or Very sad

Moi, je ne joue pas, parce que je trouve indécent de gagner de telles sommes. Je suis naïve, mais c'est ainsi.

Dis Jemrobe, c'est quoi une vraie Europe?

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 15:50

Avant de répondre à ta question Pascale, "c'est quoi une vraie Europe ?" je vais exposer ce qu'est pour moi l’Europe aujourd'hui et le poids de la France, à mon sens; dans ce truc mal foutu et pourtant indispensable.

Aujourd'hui, l'Europe c'est une équipe de nains ne parlant pas la même langue, jouant chacun pour soi en ne croyant pas aux mêmes règles voire les contestant et n’ayant aucune considération pour les arbitres qui tentent de donner cohésion et efficacité à l’équipe dont chacun des membres est prêt à rejeter la faute sur les autres joueurs si par malheur l’équipe d’Europe ne gagnait pas notre place dans la compétition mondiale qui d’ailleurs se déroule sans se préoccuper de nous.

C’est une organisation qui, en butte aux égoïsmes nationaux de chacun de ses membres, c’est si mal demmerdée que les Anglais et les pays nordiques prétendraient dicter aux Français comment on doit manger, où les Allemands se croiraient fondés à organiser la rigolade et la joie de vivre à l’échelle de l’Union pendant que les Italiens s’occuperaient de l’organisation centralisée et que les Français se verraient confier la gestion économique communautaire et la surveillance des déficits budgétaires.

C’est le cauchemar de Darwin à la puissance dix…

Et pendant que les nains de jardins européens s’entredéchirent pour savoir qui va pouvoir rafler la mise du pot communautaire le monde change comme si nous n’existions pas.
L‘émergence de « Chindia », le mastodonte composé du tandem de la Chine et de l’Inde va dans les trente années qui viennent bouleverser tout le jeu mondial et balayer tel un tsunami nos vieilles économies et nos brillants penseurs accrochés à leurs certitudes comme les morpions aux basques du bas clergé pédophile.

Les Japonais et les Américains ont compris que la partie qui se joue allait tout modifier, pas les Européens qui se contemplent le nombril en théorisant sur les poils de cul en trop ou en moins dans une constitution qui se voulait un outil permettant d’éviter de bloquer la machine mais que les rêveurs de gauche ont perçu comme une machine de guerre contre le principe de supériorité intellectuel des Français.
Merde, c’est quand même les Français qui ont inventés les droits de l’homme, même s’ils ne les appliquent pas trop, le système métrique et la révolution qui casse tout et tue tous ceux qui ne sont pas d’accord avec les nouvelles idées afin de faire table rase du passé et reconstruire encore et toujours un monde meilleur comme nul ne l'a jamais vu.

Pendant ma vie professionnelle, j’ai pas mal voyagé dans les milieux d’entreprises au travers de l’Europe et aux USA. La fréquentation assidue pour des motifs professionnels de représentants d’autres cultures m’a rapidement fait perdre de ma superbe concernant la supériorité à laquelle je croyais dur comme fer du modèle de pensée français qui est perçu chez nos partenaires comme un modèle d’arrogance mal placée.

Pourquoi nos politiciens ne font-ils pas la même analyse ? Parce qu’ils n’ont pas besoin de comprendre leurs partenaires étrangers pour survivre dans leur métier de politicien hexagonal.
Le monde politique n’a de comptes à rendre qu’à ses électeurs, qu’il suffit de caresser dans le sens du poil pour survivre.

Sur le plan des faits, la France a peu à peu accepté les règles de l’économie de marché et de l’ouverture internationale, notamment au cours des vingt dernières années.
La campagne référendaire a néanmoins permis de constater que le mot « libéralisme » et ses avatars (« ultra », « néo », etc.) étaient devenus des gros mots, et que rares sont ceux qui ont osé le revendiquer, même dans le camp du « oui ».
La surenchère sur la promotion de « l’Europe sociale » et sur la préservation du « modèle social français » traduit la prégnance d’une belle vision étatiste de l’économie, ce qui fait tout le charme de notre exception culturelle d’ailleurs.

Il est frappant de constater que, tandis que l’Union Européenne est d’abord un marché, même les partisans du « oui » n’ont pas réellement défendu les apports économiques de la construction européenne. Cela est dû à la très faible influence de la culture économique en France, aussi bien dans les partis politiques qu’au sein de la population et c’est à mon avis l’une des causes de la défaite du « oui ».
La France est l’un des rares pays où la mondialisation économique qui se fait et se fera toujours quoique disent fassent ou pensent les Français est vécue comme une « contrainte », et non comme une donnée de fait ou comme une source d’opportunités. L’attitude des Anglo-Saxons qui disent « If you can’t avoid it, try to enjoy it » est complètement incongrue dans notre système culturel.
Il était donc fatal que cette vision très particulière rejaillisse au moment d’une campagne référendaire qui devait aussi servir à évaluer les apports passés et présents du « grand marché européen ».

Faut-il remonter au « face à face » institué entre l’Etat et le citoyen qui laisse peu de place à la société civile et au marché pour expliquer cette sous-estimation ?
Faut-il invoquer le « surmoi marxiste » qui imprègne encore la gauche française, ou la tradition gaulliste, pour rendre compte de la connotation négative attachée au consommateur jugé trop matérialiste ?
Faut-il sinon se contenter d’une explication par les faits, en constatant qu’en raison d’un chômage élevé, les Français se vivent davantage comme des travailleurs en danger que comme des consommateurs en manque de pouvoir d’achat ?
Si les Français adorent la concurrence dans leur vie quotidienne et dans les faits, ils n’aiment pas la représentation de la concurrence.
Pascal Lamy, encore lui, souligne cette spécificité nationale : « Nous n’avons pas le niveau de culture économique permettant de peser correctement – dans la même personne – le consommateur par rapport au travailleur ».
L’Europe étant d’abord un grand marché bénéficiant aux consommateurs, il devient difficile de la défendre en s’interdisant de souligner son impact positif en matière de pouvoir d’achat.

Beaucoup des partisans du « non » ont dénoncé le carcan que constituerait la limitation des déficits publics.
Cette défiance vis-à-vis du Pacte de stabilité confirme le peu d’importance accordée en France à une autre figure centrale de la culture politique présente dans les débats publics des autres pays : celle du contribuable.
Le contribuable n’est pris en compte dans le débat public français que lorsqu’il s’agit de récompenser une classe sociale électoralement favorable au pouvoir en place.

Et pourtant, derrière les déficits excessifs et le gonflement de la dette, il y a des difficultés à identifier les impôts futurs, et donc le caractère indispensable des limitations fixées par le Pacte de stabilité.
Sur ce registre, la France se distingue nettement du Royaume-Uni, par exemple, où la démocratie même s’est constituée sur des bases financières (autour du nécessaire contrôle de la dépense publique par le Parlement) et où la figure du contribuable est davantage prise en considération (c’est une vision qui commence à faire réfléchir Ségolène).

La France se distingue aussi de l’Espagne socialiste, pays dans lequel la plupart des forces politiques se sont ralliées à la nécessité de maintenir le budget de l’État à l’équilibre, notamment pour préserver les générations futures du poids du remboursement.

À suivre.

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Dernière édition par le Mar 9 Mai 2006 - 19:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 19:07

Dernière enquête d'opinion : Da Vinci Code, 31% des Français pensent qu’il s’agit de faits réels !
Je comprend mieux avec cet éclairage bien venu sur la crédulité publique comment les partisans du non au référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne ont réussi à faire gober aux Français l'existence d'un plan B vachement mieux foutu que la version A qui était proposée au vote.

C'est comme en Irak, un an après on fait mine d'oublier l'affirmation...

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mar 9 Mai 2006 - 20:57

pascale a écrit:
Il y a quelques jours, on évoquait dans les média, l'arrivée des plombiers polonais sur le marché du Bâtiment.

Avoir voté "non" au référendum a-t-il éloigné le spectre du plombier polonais ? On dirait bien que non. C'était même couru d'avance.

Entre une réglementation mal fichue et une absence de réglementation, ceux qui sucent la moelle du monde préféreront toujours cette dernière.

L'Europe est bien morte, et avec elle tous les espoirs d'une Europe plus solidaire. Il n'en reste plus que de vieux traités économiques dont l'humain est absent. La faute a des pays qui se regardent le nombril.

Certains avaient osé l'insulte suprême et traité de "ouiouistes" ceux dont ils stigmatisaient la naïveté et l'obéissance au système. J'ai eu des moments de haine envers ces imbéciles qui au nom du "je fais semblant de penser, donc j'ouvre ma grande gueule (des fois que je passerais à la télévision)", ceux dont la seule motivation était "moi d'abord, et après les mouches", ceux dont le grand Jacques disait : "ce sont des révoltés, pas des révolutionnaires". Bref, ceux qu'à mon tour, dans un instant de mépris, j'ai nommé les "nonnards".

Dieu que j'ai eu la haine de ces français qui dansaient dans les rues parce qu'ils avaient réussi à faire chier Chirac oubliant que là n'étaient pas l'enjeu du référendum. Ils n'ont pas compris que d'autres aussi dansaient dans des salons plus huppés. Ceux qui avaient pourri le traité lors de discussion sans fin, afin de le saboter. Ces lobbyistes à la solde des multinationales.

Oui, le traité était un compromis et même pire qu'un compromis. Ce n'était certainement pas un traité à l'image du français moyen auréolé d'une révolution qu'il n'avait pas faite, mais dont il revendiquait la paternité entre deux discussions de bistro.

Un vote au parti socialiste est en faveur du "oui" et de grands démocrates, Fabius l'opportuniste, en tête, décide de ne pas en tenir compte. Ha oui, ton Montebourg à jouer un bien vilain jeu à ce moment là. Il peut bien, aujourd'hui, tenter de rattraper la gaffe, il n'en reste pas moins qu'il n'y aura plus de constitution européenne, sauf si l'on jette en dehors de l'Europe, ces anglais, néerlandais et ... français qui l'ont giflé avec ingratitude.

Désormais l'Europe se meurt. Partout, on voit des élections où les nationalistes gagnent ou gagnent du terrain. Les prochaines élections françaises, elles-mêmes se joueront autour des arguments de Lepen, puisque Sarkozy s'en est fait le chantre. Qui trouvera-t-on au second tour ? Sarkozy, bien sûr. Mais qui d'autre ? Phillipe le Vil, le borgne ou pourquoi pas sa blonde arienne de fille qui éructe aussi bien que lui. Pas un socialiste, ça c'est certain. Ils se sont discrédité et on salit le nom du parti qu'ils représentent. La gauche va se retrouver divisée, donc perdante, et dans l'opposition pour longtemps.

Et si par le plus grand des hasards, un socialiste venait à pouvoir se hisser au second tour, ce ne serait pas parce que l'on aurait voté pour lui, mais parce qu'on aurait voté contre ses adversaires. Voilà où en sont les français : ils ne votent plus pour, ils votent contre.

Ha, ça fait du bien de se défouler. N'en prenez pas ombrage, mes amis français, mais de temps en temps, il faut bien que l'on dise à cette France que l'on aime qu'elle déconne vraiment.

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Mer 10 Mai 2006 - 9:55

Ah que, comme dirait le presque Belge Johnny, je vois que si notre ami Abuzin avait été appelé à se prononcer sur le projet mal ficelé il aurait tout comme moi défendu le camp des ouiouistes au nom du moindre mal.

J'estime comme toi que le mal infligé à l'idée et à l'avenir de l'Europe par les nonistes français qui se sont opposés, en jouant sur l'égocentrisme national à la timide tentative de transcender les égoïsmes nationaux inévitables, est un coup quasi mortel porté à l'espérance d'une nation Europe et représente une victoire formidable pour tous ceux qui rêvent d'une union uniquement marchande et qui y sont rentrés après l'avoir boudée, à l'instar des Britanniques, lorsqu'ils se sont rendus compte que malgré leur opposition l'Europe avançait sans eux et que le seul moyen de la freiner, voire de la torpiller, était de s'y introduire pour agir en son sein.

Et on remarquera que ces félons, comme l’aurait dit De Gaulle, sont les plus efficaces lobbyistes en action de toute l'union.

Mes compatriotes de gauche, préoccupés uniquement par leurs rêves de reconstruire le monde entier à l'image du paradis terrestre socialiste dont ils préparent activement la venue avec la même foi que les Juifs préparent la venue prochaine du Christ sauveur, sont absents des instances du pouvoir à Bruxelles et votent avec leurs pieds en ne comprenant pas les positions des autres partis de gauche européens.

Mes compatriotes de droite ne réussissant pas à imposer une Europe jacobine dont le centre de réflexion serait à Paris méprisent "les bureaucrates de Bruxelles" et n'ont plus aucun poids au sein de la commission en ne proposant comme commissaires que des amis du pouvoir ne parlant d’autre langue que le Français et n'ayant pas la fibre européenne.

On est effectivement mal parti.

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 11:19

abuzin a écrit:
pascale a écrit:
Il y a quelques jours, on évoquait dans les média, l'arrivée des plombiers polonais sur le marché du Bâtiment.

Avoir voté "non" au référendum a-t-il éloigné le spectre du plombier polonais ? On dirait bien que non. C'était même couru d'avance.

Entre une réglementation mal fichue et une absence de réglementation, ceux qui sucent la moelle du monde préféreront toujours cette dernière.

L'Europe est bien morte, et avec elle tous les espoirs d'une Europe plus solidaire. Il n'en reste plus que de vieux traités économiques dont l'humain est absent. La faute a des pays qui se regardent le nombril.

Certains avaient osé l'insulte suprême et traité de "ouiouistes" ceux dont ils stigmatisaient la naïveté et l'obéissance au système. J'ai eu des moments de haine envers ces imbéciles qui au nom du "je fais semblant de penser, donc j'ouvre ma grande gueule (des fois que je passerais à la télévision)", ceux dont la seule motivation était "moi d'abord, et après les mouches", ceux dont le grand Jacques disait : "ce sont des révoltés, pas des révolutionnaires". Bref, ceux qu'à mon tour, dans un instant de mépris, j'ai nommé les "nonnards".

Dieu que j'ai eu la haine de ces français qui dansaient dans les rues parce qu'ils avaient réussi à faire chier Chirac oubliant que là n'étaient pas l'enjeu du référendum. Ils n'ont pas compris que d'autres aussi dansaient dans des salons plus huppés. Ceux qui avaient pourri le traité lors de discussion sans fin, afin de le saboter. Ces lobbyistes à la solde des multinationales.

Oui, le traité était un compromis et même pire qu'un compromis. Ce n'était certainement pas un traité à l'image du français moyen auréolé d'une révolution qu'il n'avait pas faite, mais dont il revendiquait la paternité entre deux discussions de bistro.

Un vote au parti socialiste est en faveur du "oui" et de grands démocrates, Fabius l'opportuniste, en tête, décide de ne pas en tenir compte. Ha oui, ton Montebourg à jouer un bien vilain jeu à ce moment là. Il peut bien, aujourd'hui, tenter de rattraper la gaffe, il n'en reste pas moins qu'il n'y aura plus de constitution européenne, sauf si l'on jette en dehors de l'Europe, ces anglais, néerlandais et ... français qui l'ont giflé avec ingratitude.

Désormais l'Europe se meurt. Partout, on voit des élections où les nationalistes gagnent ou gagnent du terrain. Les prochaines élections françaises, elles-mêmes se joueront autour des arguments de Lepen, puisque Sarkozy s'en est fait le chantre. Qui trouvera-t-on au second tour ? Sarkozy, bien sûr. Mais qui d'autre ? Phillipe le Vil, le borgne ou pourquoi pas sa blonde arienne de fille qui éructe aussi bien que lui. Pas un socialiste, ça c'est certain. Ils se sont discrédité et on salit le nom du parti qu'ils représentent. La gauche va se retrouver divisée, donc perdante, et dans l'opposition pour longtemps.

Et si par le plus grand des hasards, un socialiste venait à pouvoir se hisser au second tour, ce ne serait pas parce que l'on aurait voté pour lui, mais parce qu'on aurait voté contre ses adversaires. Voilà où en sont les français : ils ne votent plus pour, ils votent contre.

Ha, ça fait du bien de se défouler. N'en prenez pas ombrage, mes amis français, mais de temps en temps, il faut bien que l'on dise à cette France que l'on aime qu'elle déconne vraiment.

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Je ne prends pas ombrage parce que tu me traites de française mais parce que tu me traites de "nonnarde" Sad Laughing

Ca y est! Soulagé?
Les spécialistes de droit constitutionnel qui ont dénoncé les ENAORMES!!! carences de cette constitution ont donc aussi voté en aveugle dans l'espoir de précipiter Chirac dans ses WC ?

Si j'avais voté, j'aurais voulu voté "oui" et même ce plaisir-là, nos politiques nous l'ont ôté.
C'est tout.

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 11:43

Il aurait fallu que le référendum se fasse au niveau européen au lieu du niveau national. En le faisant au niveau national, il était couru d'avance que la population en fasse un enjeu national.

abuzin
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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 12:07

pascale a écrit:
Je ne prends pas ombrage parce que tu me traites de française mais parce que tu me traites de "nonnarde" Sad Laughing

Et "ouiouiste", ce n'était pas méprisant, peut-être ?

pascale a écrit:
Ca y est! Soulagé?

Pas vraiment, le détricotage de l'Europe, au profit unique des multinationales, me reste tout de même sur l'estomac.

pascale a écrit:
Les spécialistes de droit constitutionnel qui ont dénoncé les ENAORMES!!! carences de cette constitution ont donc aussi voté en aveugle dans l'espoir de précipiter Chirac dans ses WC ?

Non, les "spécialistes" ont fait comme Fabius et les autres : ils ont saisi l'opportunité de passer à la télévision. La famille a enregistré l'émission et ils se la passent aux grands événements en disant au petit dernier : "t'as vu ? Papa est à la télévision. Tu as vu comme il a l'air intelligent ?"

Ha, télé-réalité, quand tu nous tiens !!

J'aimerais savoir où ils sont aujourd'hui et quelles sont leurs propositions pour une nouvelle constitution européenne "franco-française". Bizarre, on ne les voit plus.

pascale a écrit:
Si j'avais voté, j'aurais voulu voté "oui" et même ce plaisir-là, nos politiques nous l'ont ôté.

Ca, tu l'as dis. Comment peut-on accepter que la victoire du "non" soit à partager avec les troupes du borgne et de Philippe le Vil. Sans eux, le "non" serait-il passé ? Ces gens-là sont-ils des européens ? Je ne crois pas. Si on retire ces gens-là, combien de personnes désirant sincèrement voter dans un but de faire progresser l'idée européenne ont-ils voté "non" ? 10, 15, 20% ? Belle victoire, en vérité.

pascale a écrit:
C'est tout.

C'est tout, effectivement. Notre chance de voir une europe du citoyen est passée, elle ne repassera plus, ... ou alors dans des conditions pires que celles du premier projet.

abuzin
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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 12:34

A peine revenue et me voilà obligée de dire des bêtises!

Ouiouiste! Je te jure que je ne l'ai jamais prononcé!

J'ai peine à croire que la victoire du "oui" eut changé véritablement la face de l'Europe.

Je trouve que tu vas loin dans les mobiles des anticonstitutionnalistes européens! La séduction et l'effet télé-réalité confused confused , c'est moyen...

Personnelllement, c'est sur internet que j'ai pu trouver quelques éléments d'approche.

Que des anti Europe et que des pro Europe anti constitution actuelle se retrouvent dans le même camp par la force des choses, c'est justement ce qui démontre que le vrai problème n'était pas d'être pour ou contre l'Europe, mais bien pour ou contre cette constitution-là.

Pourquoi, si les intentions de ceux qui l'ont établie, étaient bien de créer une Europe sociale, pourquoi, les hommes et les femmes de ce pays ont-ils porté un coup fatal au sort de la Belle?

Et si le "oui" l'avait emporté, avec la même rage triste que toi, des milliers de gens en ce moment, analyseraient la situation de la même façon impuissante que toi, en attribuant les maux dont ils souffrent à l'existence de ce traité.

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 19:21

En France le pouvoir politique n’a pas l’habitude de rendre compte, de manière systématique, de sa politique européenne.
Celle-ci fait partie du « domaine réservé » et, souvent, les « Affaires européennes » continuent d’être considérées comme des « Affaires étrangères ».
Cette situation tranche avec ce qui se passe dans d’autres pays de l’Union européenne (Danemark, Irlande ou Royaume-Uni, par exemple), où les parlementaires jouent un rôle plus actif.

Il faudrait bien sûr associer beaucoup plus systématiquement le parlement français au contrôle démocratique de l’action communautaire mais les parlementaires ne s’intéressent pas à l’Europe.
La gestion de « l’Europe » en vase clos par les praticiens des questions communautaires explique à mon avis les difficultés rencontrées par les partisans du « oui » à affronter le camp du « non » : beaucoup de Français se sont saisis du vote référendaire pour formuler une protestation qu’ils ne savent pas comment exprimer le jeu politique étant verrouillé en France.

Le fait que les « Affaires européennes » soient gérées de manière insuffisamment démocratique a aussi conduit les Français à développer une « culture du complot » qui s’est clairement manifestée pendant la campagne référendaire.
Dans la plupart des débats l’Union européenne a souvent été soupçonnée d’œuvrer contre les intérêts des citoyens.
Les exemples sont nombreux, mais pour n’en citer qu’un : celui d’un « plan B » qui aurait été dissimulé dans tel ou tel tiroir à Bruxelles, en cas de rejet du projet de traité constitutionnel.
Ce sentiment de défiance envers « Bruxelles » procède aussi de l’instrumentalisation de l’Union européenne pratiquée trop souvent par les gouvernements français successifs pour faire admettre des réformes économiques et sociales à la France.
L’Union est alors prise comme un bouc émissaire commode ce qui permet de rendre compte de l’image négative qui lui est attachée.

Les responsables politiques n’ont, par exemple, pas assumés ni revendiqués les décisions visant à libéraliser les secteurs historiquement gérés par des monopoles publics (EDF, SNCF).

Le cas du projet de « directive Bolkestein » est exemplaire à cet égard de ce « jeu de défausse ».
Autre exemple : celui du démantèlement de l’accord douanier sur les textiles, qui avait été accepté par les autorités françaises il y a dix ans, et dont la prise d’effet a pourtant suscité des protestations très vives contre ce qui a été présenté comme l’inaction de la Commission européenne face à la Chine.

Faute d’avoir fait l’objet d’un contrôle démocratique régulier en France, la construction européenne s’est trouvée récemment confrontée à une série de mises en cause et de défiance de la part des citoyens français.

Cette défiance envers « Bruxelles » procède d’une « culture du transfert de responsabilité » du niveau national sur le niveau communautaire.

Le Président de la Commission européenne a résumé le problème auquel étaient confrontés maints partisans du « oui », en soulignant qu’il n’était pas possible de « critiquer Bruxelles du lundi au samedi et vouloir que les citoyens votent oui à l’Europe le dimanche ».

Par ailleurs, la France a toujours eu un message à délivrer à l’Europe et au monde, cet élément fait partie de notre culture politique, et nous distingue d’ailleurs de la quasi-totalité des autres pays – à l’exception notable des Etats-Unis.

La campagne référendaire de 2005 a montré que cette « vocation particulière de la France » se heurte à des réalités incontournables et suscite perplexité, voire désaccord au-delà de nos frontières.

Le débat sur la Constitution européenne a mis en évidence que cette posture française est de plus en plus mal à l’aise dans l’Union à 25.
Si « l’Europe des 6 » a été en grande partie inspirée par des Français (Robert Schuman et Jean Monnet en particulier), les idées françaises ne sont plus majoritaires ni même audibles dans l’Union à 25.

Le développement d’un débat de plus en plus vif sur « l’influence française » en Europe témoigne de la prise de conscience qu’a pu provoquer chez nous un tel constat.
Le fait que les 10 pays qui viennent de rejoindre l’Union semblent seulement considérés sous un angle négatif, voire « tancés » dès lors qu’ils émettent une opinion divergente, traduit en revanche un malaise plus diffus.
C’est dans ce contexte que le débat sur la Constitution européenne a révélé une sorte de défiance « géopolitique » vis-à-vis de l’Union telle qu’elle existe.

En résumé il faut bien admettre que les thèses françaises ont de plus en plus de mal à convaincre les autres pays de l’Union européenne et qu’elles font de plus en plus figure d’« illusions perdues », c’est ça que les Français ne veulent pas admettre.

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MessageSujet: Re: 9 mai, journée de l'Europe.   Ven 12 Mai 2006 - 21:01

pascale a écrit:
J'ai peine à croire que la victoire du "oui" eut changé véritablement la face de l'Europe.

Je peux t'assurer, par contre, que la victoire du "non" lui a bien coupé les ailes.
Conséquence que les tenants du "non" n'ont même pas envisagés.

pascale a écrit:
Je trouve que tu vas loin dans les mobiles des anticonstitutionnalistes européens! La séduction et l'effet télé-réalité confused confused , c'est moyen...

Pourquoi, tu trouves que ça volait plus haut ?

pascale a écrit:
Que des anti Europe et que des pro Europe anti constitution actuelle se retrouvent dans le même camp par la force des choses, c'est justement ce qui démontre que le vrai problème n'était pas d'être pour ou contre l'Europe, mais bien pour ou contre cette constitution-là.

Que je sache, lorsque cette constitution était en préparation (3 ans), on ne voyait pas les nonistes s'en inquiéter. Ce n'est qu'au moment où il était possible à certains de se mettre en vedette et à d'autres de profiter de l'aubaine de couler l'Europe, aider en cela par les médias qui adorent renverser les situations pour voir jusqu'où le bon peuple est capable d'aller.

En Belgique, il n'y aurait pas eu de référendum. Tu sais pourquoi ? Parce que l'on vote pour élire nos représentants, et que ce vote représente quelque chose. Un gouvernement est élu pour gouverner. Malgré que chez nous, le communautarisme (néerlandophone/francophone) empoisonne la vie politique, notre gouvernement gouverne et prend des décisions souvent difficile qui ne cherchent pas à plaire à l'électorat. Résultat : la petite Belgique reste encore une démocratie qui se respecte.

En France, on vote comme on achète un bulletin de Lotto, et après, si le gouvernement ose gouverner, toute la France est dans la rue pour protéger ses intérêts particuliers. Je n'ose même pas imaginer le foutoir que seront les prochaines élections présidentielles.

pascale a écrit:
Pourquoi, si les intentions de ceux qui l'ont établie, étaient bien de créer une Europe sociale, pourquoi, les hommes et les femmes de ce pays ont-ils porté un coup fatal au sort de la Belle?

Effectivement, le traité constitutionnel avait plus l'air d'un rapport comptable que d'un roman à l'eau de rose. Ce n'est pas la forme qui compte, c'est le fond. J'ai même entendu de tristes imbéciles évoquer les droits de l'homme, alors que visiblement, ils n'avaient jamais lu la DUDH. Il y en a même qui évoquait le danger que l'on faisait peser sur la laïcité.

pascale a écrit:
Et si le "oui" l'avait emporté, avec la même rage triste que toi, des milliers de gens en ce moment, analyseraient la situation de la même façon impuissante que toi, en attribuant les maux dont ils souffrent à l'existence de ce traité.

Ca me fait penser aux agriculteurs qui pestent contre l'Europe alors que 40% de son budget leur est consacré. Sans l'Europe, il y a longtemps qu'ils auraient fermé leur exploitation.

Encore une fois, ce non n'a pas profité aux nonistes, il ne profite qu'aux multinationales pour qui l'absence de réglementation leur permet de tenir les États sous leur coupe.

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